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« C’est cette espérance… qui nous fait désirer que cette belle collection ne soit pas seulement un objet de luxe et de vain amusement, mais une source féconde d’instruction et de découvertes utiles pour nos jeunes concitoyens »

Ainsi s’exprimait François-René Dubuisson, lors du discours prononcé le 15 août 1810, à l’ouverture publique du muséum d’histoire naturelle de la Ville de Nantes.
C’était il y a deux cents ans. Lamarck venait de publier sa Philosophie zoologique et « d’inventer » la biologie, Darwin n’avait pas encore deux ans, et les restes d’hommes fossiles étaient encore considérés comme des vestiges d’avant le Déluge !

Une époque certes révolue, mais qui s’inscrit dans l’histoire générale des idées et des sciences et fait de ce premier muséum un héritier du siècle des lumières et des cabinets d’histoire naturelle. Par-delà les générations, le muséum n’a cessé d’enrichir ses collections, de veiller à leur conservation, de les étudier et de créer un large réseau de collaborations. Il a su évoluer, intégrer les avancées scientifiques, s’ouvrir à la pédagogie, s’adapter aux attentes du public, pour devenir un établissement de culture scientifique pluridisciplinaire, bien dans son temps.

 

De 1810 à 2010, le Muséum de Nantes déroule son histoire ...

1793
Création du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris à partir du Jardin du Roi

1799
François-René Dubuisson, épicier droguiste nantais, ouvre rue Caylus, aujourd'hui rue Saint Jean, le premier cabinet d'histoire naturelle, afin "de faciliter à la jeunesse l'étude d'une des principales partie de l'instruction". Il y réunit ses collections personnelles, et celles qu'il acquiert auprès de plusieurs amateurs : Deloynes, Kérambard, Blanchart de la Musse…
Ces collections très éclectiques de géologie, minéralogie, botanique, zoologie, ethnologie, éveillent la curiosité du public et confortent l'idée de la création d'un établissement scientifique public.


15 Août 1810 : Naissance du muséum d'histoire naturelle de Nantes
C’est dans la mouvance des idées postrévolutionnaires que le muséum est créé à partir des collections de plusieurs amateurs éclairés, dans le but de développer l’enseignement des sciences à Nantes et de les rendre accessibles au plus grand nombre.
Dès 1806, les collections deviennent propriété de la Ville de Nantes, qui décide alors de les conserver dans l’ancienne école de chirurgie sise entre les quais de l’Erdre, aujourd’hui disparus, et l’actuelle rue Léon-Blum. Le bâtiment, datant de 1765, dessiné par l’architecte Ceineray, nécessitera quatre années de restauration avant d’être inauguré le 15 août 1810 comme premier muséum d’histoire naturelle de Nantes.
Situé entre une cour et un jardin, il se déploie autour d’une salle octogonale surmontée d’une coupole, de deux salles latérales et d’un vestibule.
François-René André Dubuisson, initiateur de ce projet et soutenu par l’élite scientifique, est nommé premier conservateur du muséum. Lors de son discours inaugural, il décrit ainsi les collections : « La partie de la minéralogie et celle de la conchyologie sont à peu près complètes, l’ornithologie est assez nombreuse. Les autres parties de la zoologie le sont beaucoup moins… ». Il a bon espoir que « l’impulsion donnée à l’étude de l’histoire naturelle, dans les lycées et dans beaucoup d’autres établissements, nous garantit d’avance de nombreux successeurs ».
François-René Dubuisson serait sans doute heureux de constater que le muséum possède aujourd’hui, après deux cents années de collecte, un patrimoine riche et varié, embrassant toutes les disciplines des sciences naturelles.

1836

A la mort de Dubuisson en 1836, Frédéric Cailliaud lui succède après avoir été son adjoint pendant neuf ans.
Inconnu de la plupart des Nantais, il est pourtant l'un des hommes les plus célèbres de son temps, pour avoir découvert les ruines de Méroé, ancienne capitale d'Ethiopie.
Conservateur du muséum de Nantes pendant plus de trente ans, il s'intéresse plus particulièrement à la géologie, la minéralogie et la conchyliologie (étude des coquillages). Il réalise des coupes très précises dans les coquillages, étudie les perforations des roches par les mollusques perforants, et publie en 1861 une nouvelle carte géologique du département.
Dans les derniers mois de sa vie, Frédéric Cailliaud s'occupe du déménagement des collections du muséum, trop à l'étroit et à l'humidité dans les locaux de l'Ecole de Chirurgie, et surveille les débuts de la construction du nouvel établissement, Place de la Monnaie (la première pierre est posée en 1868).


1863

En 1863 le baron Charles Bertrand-Geslin lègue la totalité de ses collections, et notamment une bibliothèque riche de plus de 600 ouvrages. Il exige que ses livres soient mis à la disposition du public, et que la Ville s'engage à faire des cours de géologie.
C'est Edouard Dufour, alors conservateur adjoint, qui en assure l'organisation. Ces cours publics et ouverts à tous deviennent une spécificité du muséum, et une particularité nantaise dans l'enseignement des sciences naturelles.

1869

Frédéric Cailliaud meurt le 1er mai 1869 à l'âge de 82 ans. Edouard Dufour lui succède. Physicien de formation, naturaliste très éclectique, et passionné de botanique, il fait l'acquisition de nombreux herbiers et s'emploie à combler certaines lacunes au niveau des collections, notamment en zoologie. Il porte une attention toute particulière à la classification, à la nomenclature et à la conservation des objets.

1875

Le muséum de la Place de la Monnaie est inauguré le 19 août 1875 à l'occasion du congrès de l'association française pour l'avancement des sciences. Conçu par l'architecte Gustave Bourgerel, le muséum s'adosse à l'ancien Hôtel de la Monnaie. Il comprend une vaste salle sur deux niveaux, précédée d'un vestibule. Un avant corps de style corinthien, surmonté d'un fronton sculpté par Guillaume Grooters, forme l'entrée monumentale du musée.
L'aménagement intérieur des locaux, longtemps considéré comme un exemple du genre, s'inspire de l'architecture intérieure et du mobilier des musées anglais. Dans ses grandes lignes, il demeurera inchangé pendant près d'un siècle.

1882

Edouard Dufour meurt le 15 octobre 1882.
Le docteur Louis-Marcellin Bureau lui succède. Ornithologiste réputé, collaborateur au Service de la carte géologique de France, il va pendant 38 ans enrichir dans tous les domaines les collections du muséum, et donner à cet établissement une renommée considérable dépassant même les frontières.
Fondateur de la Société zoologique de France et de la Société des sciences naturelles de l'ouest de la France (1891) dont le siège est au muséum, il participe à de nombreux congrès en France et à l'étranger, où il est très sollicité. De son dernier voyage, il rapporte le célèbre Grand Pingouin qui constitue l'une des pièces les plus rares du muséum.
1892
Louis Bureau inaugure la salle de zoologie réservée aux collections régionales.

1920
Agé de 74 ans, Louis Bureau demande à prendre sa retraite. Le muséum et la bibliothèque dont il a doté l'établissement sont alors en plein essor.
Ernest Marchand, entré au muséum comme préparateur en 1894 et conservateur adjoint depuis 1909, lui succède conformément à la tradition.
Entomologiste très compétent, il crée le laboratoire d'entomologie et de parasitologie qui va rendre de grands services aux agriculteurs dans leur lutte contre les parasites des arbres fruitiers.
Ernest Marchand tente de faire rentrer la pédagogie dans le muséum et de l'ouvrir à un public élargi. Il rédige le premier guide du muséum, réalise des aquarelles représentant l'animal dans son milieu pour accompagner les spécimens naturalisés, et inaugure le 15 octobre 1933 une exposition temporaire sur les papillons exotiques.
1933
Joseph Kowalski succède à Ernest Marchand. Il achève le catalogue d'ornithologie et établit un inventaire des collections géologiques et paléontologiques.
1941
A la mort de Kowalski en 1941, l'intérim est assuré par Georges Durivault, Directeur du Jardin des Plantes de la Ville de Nantes. Les bombardements de septembre 1943 endommagent les verrières ainsi qu'une partie des collections de coraux et de crustacés.

1948
La nomination de Paul-Léon Niort en 1948 coïncide avec la création à Paris d'un service de Muséologie et d'une Inspection des Musées d'histoire naturelle de Province. Ainsi se nouent des relations officielles entre Nantes et le Muséum national.
En 1951, Paul Niort inaugure une exposition de préhistoire à l'occasion de la création de la Société nantaise de préhistoire. Georges Durivault assure à nouveau l'intérim après le départ de Paul Niort pour le Burundi, en 1952.

1954

Jacqueline Baudouin-Bodin est nommée le 1er janvier 1954. A cette époque, le muséum garde son aspect vieillot du 19è siècle. Les collections s'entassent dans les vitrines sur plusieurs niveaux d'étagères et seulement 3 ampoules électriques assurent l'éclairage du batiment. Pendant 20 ans, d'importants travaux de modernisation et d'agrandissement sont entrepris. Grâce à des présentations claires et attractives, et à l'introduction du vivant, le musée s'ouvre au plus grand nombre, notamment aux scolaires et aux étudiants.

1955

Un premier vivarium est créé au 1er étage du muséum, près de la vitrine des singes . Il est ensuite transféré en 1970 dans le hall d'entrée côté square, avant son installation définitive dans les locaux actuels en 1976. Rénové en 1984, il est inauguré en janvier 1985. En 2003, le vivarium se spécialise en se consacrant uniquement aux serpents. Il présente au public une vingtaine d'espèces, venimeuses ou non venimeuses, régionales ou du monde entier.
1956
Le muséum inaugure la première exposition temporaire depuis Ernest Marchand : "Le papillon dans l'art, la science et l'industrie" : 4000 personnes viennent la visiter. Un record pour l'époque quand on sait que la fréquentation annuelle en 1954 était de 3000 visiteurs !
1964
La salle de zoologie régionale, entièrement rénovée, est inaugurée le 3 novembre 1964. Les animaux sortent de leurs vitrines et les poissons quittent leurs socles souvent centenaires !
1969
La nouvelle salle de zoologie générale est inaugurée après celle d'anatomie comparée en 1968.
1970
Premier événement médiatique : 7000 personnes défilent devant un échantillon de pierre lunaire rapporté par l'équipage d'Apollo 11.
1970 est une date importante dans l'histoire du muséum. Elle correspond au départ de l'Ecole de Commerce de la rue Voltaire, permettant un agrandissement devenu indispensable. Le muséum entre alors dans une nouvelle phase de travaux.
1974
Une bibliothèque pour les jeunes est créée. C'est la première du genre en France à offrir aux jeunes de 7 à 12 ans des livres traitant des sciences de la nature, et des jeux éducatifs.
1980
Le muséum agrandi, modernisé et restructuré, est inauguré le 5 mars 1980 en présence de Jean Dorst, directeur du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris.
Les anciennes salles de classes de l'Ecole de commerce sont destinées à la préhistoire et à la paléontologie, l'amphithéâtre se transforme en salle de conférences et l'entrée de l'Ecole de commerce devient celle du muséum.
1988
Le cabinet de travail du Marquis d'Abadie est ouvert au public. Chacun peut ainsi admirer, dans une ambiance fidèlement reconstituée, la richesse et la variété de ses collections.
1989
Le 1er mai 1989, Jacqueline Baudouin fait valoir ses droits à la retraite. Catherine Boulat-Cuenca son adjointe lui succède, renouant ainsi avec la tradition.
1994
Le 22 avril 1994 sont inaugurés l'exposition Le Bois, materia prima dans les nouvelles salles d'exposition réalisées en sous-sol, et l'Espace Bois, espace permanent destiné à valoriser la magnifique collection de bois européens et exotiques, en partie présentée dans l'escalier monumental menant au 1er étage du muséum.
1995
Le 1er avril 1995 à minuit, le squelette complet d'un rorqual commun provenant d'animal éperonné accidentellement par un méthanier en mai 1991, est présenté au public dans la salle d'anatomie comparée.
1998
Conservateur du muséum de Tours pendant 10 ans, Pierre Watelet est nommé à Nantes le 1er octobre 1998. Il décide de transformer les salles de paléontologie et de préhistoire, en salles d'expositions temporaires.
2000
L' Espace bois est transféré au 1er étage dans l'ancien bureau du conservateur. L'espace qu'il libère permet au muséum de retrouver son entrée historique du côté du square Louis-Bureau.
Ce changement s'effectue le 21 mai 2000 à l'occasion de l'inauguration de l'exposition "Classifiction"
.

2003
Rénovation complète du vivarium qui se spécialise en se consacrant uniquement aux serpents. Il présente au public une vingtaine d'espèces, venimeuses ou non venimeuses, régionales et du monde entier.

2004
Dans la grande salle de zoologie du premier étage entièrement rénovée, le mobilier représentatif de l'ébénisterie du 19e siècle est remis en valeur, présentation à partir du 5 juin d'une grande exposition consacrée à Jean-Jacques Audubon : Audubon, peintre, naturaliste, aventurier.

2008
Fermée depuis 2006, à la suite de l'exposition Audubon, la Galerie de zoologie réouvre au public le 19 mars. Ce sont plus de mille spécimens d'animaux vertébrés qui ont été sélectionnés, étudiés, restaurés et organisés en s'appuyant sur la classification moderne du monde animal, sous-tendue par les principes de l'évolution.
Enfin, fidèle à son souci de favoriser le rapprochement entre les sciences et l'expression artistique, le Muséum à invité Eunji Peignard-Kim, artiste, à illustrer l'exposition.


2009
À la fin du mois de mai, la Galerie des sciences de la Terre ouvre à nouveau ses portes après plusieurs mois de travaux.
Un plancher de chêne clair recouvre l’ancien dallage de pierre noire. De grands plateaux de bois, rappelant par leur disposition les alignements de vitrines pupitres du 19e siècle, remplacent les vitrines cloches et servent à la présentation de blocs de belle taille des différents types de roches. Les vitrines murales réaménagées déploient une collection enrichie de minéraux, parfaitement classée sur le plan scientifique. Enfin une place importante est consacrée au patrimoine minéralogique local.
2010 : Le Muséum fête son bicentenaire
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