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d'histoire
La vitrine mécanique

Le renouveau muséographique
1841 - 1989
 

 

 


La vitrine mécanique

À l’occasion de la célébration du bicentenaire du muséum (1810-2010), François Delarozière, directeur artistique de la Compagnie La machine, crée une vitrine tout en verre et métal.
Installée au milieu de la Galerie des sciences de la Terre, elle a raconté, au travers d'une sélection d'objets plusieurs fois renouvelée, l’histoire du muséum et ses conservateurs.

Du cabinet de curiosités au Muséum (1810 - 1836)

Le musée du 19ème siècle (1836 - 1869)

Le nouveau musée, quartier Graslin (1869 - 1941)

Le renouveau muséographique (1841 - 1989)

Le musée actuel (1989 - 2010)

 

Le renouveau muséographique (1941 - 1989)

Précurseur, Ernest MARCHAND, conservateur de 1920 à 1933, fait entrer la pédagogie au muséum de Nantes afin de le rendre accessible à un large public. Il est relayé jusqu’en 1941 par Joseph KOLWASKI qui publie le catalogue des oiseaux du muséum. Après les années d’intérim assurées pendant la guerre par Georges DURIVAULT, directeur du jardin des plantes, le développement de ce qu’on appelle aujourd’hui la médiation ne fera que se confirmer.
En 1949, Paul-Léon NIORT crée l’événement en inaugurant les nouveaux aménagements des salles. Son successeur, jacqueline BODIN-BAUDOUIN se lance dans une série de travaux de modernisation dès 1955 et crée un premier vivarium. Entre 1963 et 1967 la salle régionale puis la salle d’ostéologie sont rénovées. En 1969, c’est la nouvelle salle de zoologie générale qui est inaugurée et en 1970 on assiste au premier événement médiatique autour d’un échantillon de pierre lunaire rapporté par l'équipage d'Apollo 11. En 1970, l’école de commerce déménage sur le campus universitaire libérant les locaux de la rue Voltaire. Les anciennes salles de classe sont transformées en salles d’exposition de préhistoire et de paléontologie. L'amphithéâtre devient salle de conférences et l'entrée de l'école, celle du muséum. La galerie de minéralogie du rez-de-chaussée est entièrement rénovée.
Une bibliothèque pour les jeunes est créée, première du genre en France à offrir aux jeunes de 4 à 14 ans un fonds spécialisé en sciences.
Le muséum agrandi et modernisé est inauguré le 5 mars 1980 en présence de Jean DORST, directeur du Muséum de Paris.

 

Documents d’archives concernant le cœlacanthe

En 1967, Madame Baudouin-Bodin, alors conservateur du muséum commande un cœlacanthe au territoire des Comores.
Le spécimen du Muséum de Nantes est pêché aux Comores, dans la nuit du 25 au 26 septembre 1968 à 1 km du rivage, par 150 m de fond. Il s'agit d'un mâle mesurant 1,32 m et pesant 33,8 kg.
Il est acheminé par bateau à bord du Pierre Loti à la fin du mois d’août 1969.
Le 20 mars 1970, il est présenté dans l’exposition  « le cœlacanthe et les poissons fossiles »
A cette période, le cœlacanthe est exposé dans la galerie des poissons au rez de chaussée, près du péristyle
De février à juin 1999, il figure dans l’exposition Sorties des Eaux.

 

Les cœlacanthes Latimeria chalumnae sont les derniers survivants d'une lignée qui a connu son apogée il y a 240 millions d'années. Alors qu'on les croit disparus depuis 65 millions d'années, un spécimen vivant est pêché accidentellement sur la côte Est de l'Afrique du Sud en 1938. Cette découverte défraye la chronique car on pense à l'époque que ce poisson est l'ancêtre des vertébrés.
Le deuxième spécimen est pêché 14 ans plus tard aux Comores. Depuis, la majorité de ces animaux sont capturés ou observés aux environs de cet archipel laissant à penser que les derniers survivants des cœlacanthes se concentrent dans cette zone géographique. Or, en 1997 et 1998, d'autres spécimens sont découverts en Indonésie, à plus de 10000 km des Comores. Cette découverte qui surprend de nouveau les scientifiques, laisse supposer que les cœlacanthes ont une répartition géographique plus importante qu'il n'y parait

 


Catalogues des collections d’histoire naturelle de René d’Abadie.


Passionné dès son plus jeune âge par les sciences, René d’Abadie, docteur ès sciences naturelles consacra plus de 50 ans de sa vie à la constitution d’une collection d’oiseaux et leurs poussins en peau, mais également de coquillages, de minéraux, de petits mammifères, de chauves-souris en peau, de nids d’insectes…
C’est la chasse qui lui fit découvrir l’ornithologie. Il partait en expédition, le plus souvent en Camargue avec un équipement extraordinaire pour l’époque.
Ainsi au bout de nombreuses années d’observations, de recherches, d’écrits et de taxidermie, il constitua avec ses collections un véritable petit musée d’histoire naturelle qu’il légua à sa mort au muséum de Nantes, en souvenir des relations scientifiques et amicales qu’il entretenait avec le conservateur de l’époque, Madame Baudouin Bodin. Un cabinet de Sciences Naturelles  a été ouvert à sa mémoire en 1988 au muséum suivant les plans de son bureau de travail.
La particularité du fonds légué par le marquis D'Abadie( catalogues, livres, manuscrits et objets de collection) est d'être la représentation exacte de la diversité des disciplines que tout naturaliste accompli aborde tout au long de sa vie.


Documents d’archives concernant le bélouga
Le 13 décembre 1948, un bélouga se trouvait pris et se débattait dans les filets d’un pêcheur de la Télindière, près de Nantes.
Seul à bord, le pêcheur ne pouvait laisser cet animal saccager ses filets. Il eut la chance que la bête était retenue par la queue, et tirant tant bien que mal de façon à maintenir cette dernière en surface, il essaya de diriger le bateau vers l’estacade de Pellerin
La manœuvre dura de 20 à 30 minutes au bout desquels le bélouga se débattant de plus en mollement, finit par ne plus donner signe de vie.
Examiné au muséum de Nantes par le conservateur d’alors, Paul Louis Niort, il fût décrit comme un individu femelle d’environ quatre ans d’une longueur de 328 cm et d’un poids de 377 kg.
Il s’agit de la seule mention de cette espèce sur le littoral français. Elle n’avait jamais été signalée au sud de l’Ecosse et des Pays-Bas, les captures les plus méridionales ne descendant pas au dessous de 56 ° de latitude nord (à comparer aux 47° 12 de latitude nord de Nantes). Espèce fréquentant préférentiellement les eaux polaires, il s’agissait vraisemblablement d’un individu égaré.
Il existe actuellement dans les collections du Muséum un moulage de l’individu entier et le squelette afférent originel.


Maquette de la salle de zoologie générale, 1972
Architecte M. G.Evano, maquette M. L. Lucas et atelier municipal
Jusqu’à la fin des années 1950, la galerie de zoologie garde l’aspect vieillot qu’elle avait au 19ème siècle. Sa transformation date de la fin des années 1960. Un deuxième étage est construit pour y ranger les collections en réserve. Les vitrines pupitres qui occupent l’axe de la salle sont enlevées. Les escaliers droits qui conduisent aux mezzanines sont remplacés par des escaliers en colimaçon. Des travaux de menuiserie sont réalisés afin de « masquer toutes les sculptures, moulures et fioritures qui alourdissent l’ancien mobilier ». La galerie de zoologie rouvre en 1972, après de nombreux mois de travaux.


Armure de samouraï rapportée du japon à la fin du 19ème siècle par le colonel Balagny.
 Au cours de sa carrière militaire le colonel Paul Balagny (1864-1948)  parcourut le monde. Comme beaucoup de militaires, il rapporta de ses missions des objets de sciences naturelles et d’ethnographie. Lorsqu’il fut à la retraite, il entra à la « société des sciences naturelle de l’ouest de la France » et à la « société archéologique et historique de la Loire Inférieure ». Brillant causeur, il put mettre en valeur les nombreuses observations qu’il avait faites au cours de ses périples.  Il fut président de ces deux sociétés respectivement en 1931 et 1934 jusqu’en 1939. Ses collections furent données au muséum  après sa mort, par son beau frère.
Le blason ou « Mon »porté sur le kabuto (casque) et la tunique représente trois feuilles de chêne dans un cercle. Il indique le clan d’appartenance du samouraï.

 


Paul Léon Niort et les ossements de mammifères des alluvions de la Loire
Lors des travaux de construction du nouveau pont d’Ancenis en 1950, est découverte une pirogue monoxyle d’abord considérée comme un vestige de l’âge du Bronze avant d’être rapportée à la période gauloise.
Associés à cette pirogue divers restes osseux sont décrits par P.L.NIORT, conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Nantes depuis 1948. L’étude de ces ossements est publiée en 1952 dans les Comptes Rendus du Congrès des Sociétés Savantes tenu à Rennes l’année précédente.
Les ossements d’aurochs sont actuellement étudiés dans le cadre d’une Action nationale de Recherche, associant divers organismes dont le Muséum national d’histoire naturelle, le Laboratoire d’anatomie comparée de l’Ecole nationale vétérinaire de Nantes et le Muséum d’histoire naturelle de Nantes.

crâne d’aurochs
Bos primigenius
Ancenis, alluvions de la Loire
Collection MHN Nantes

crâne de cerf
Cervus elaphus
Ancenis, alluvions de le Loire
Collection MHN Nantes

 


Les fossiles des Nouvelles-Hébrides rapportés par Joseph KOWALSKI
Joseph KOWALSKI, docteur-ès-Sciences de la faculté de Louvain, est appelé en 1913 aux Nouvelles-Hébrides, l’actuel Vanuatu, pour étudier les ravages d’un insecte menaçant les cultures de cocotiers.
Au cours de cette mission J. KOWALSKI collecte des spécimens dans des formations récifales fossiles.
Mobilisé en 1914, il devient en 1920, conservateur scientifique du Muséum de Nantes avant d’en être le directeur en 1934.
Parmi les fossiles collectés aux Nouvelles-Hébrides figure une carapace de crabe, espèce nouvelle pour la science, dont J. KOWALSKI publie l’étude en 1923 dans le Bulletin de la Société des Sciences Naturelles de l’Ouest de la France.
 
crabe fossile
Etisus doucerei KOWALSKI, 1923
Port-Vila, Ile Vaté, Nouvelles-Hébrides
Collection J. KOWALSKI             

coquilles fossiles
Port-Vila, Ile Vaté, Nouvelles-Hébrides

Collection J.KOWALSKI 

 


La cachette de fondeur de l’âge du Bronze de Pornichet et la collection MERCIER
La Société Archéologique et Historique de Nantes et de la Loire-Inférieure publie en 1924 un rapport adressé par M. Ch. MERCIER, de Sainte-Marguerite en Pornichet. Cette note relate la découverte, en 1886, d’une cachette de fondeur de l’âge du Bronze enfouie sous un mètre de sable dunaire.
La collection Ch. MERCIER entrée au Muséum de Nantes en 1956, fait l’objet d’un mémoire de l’Université de Nantes publié en 1974.
Une partie de la collection MERCIER est restaurée en 1998 par le laboratoire Arc’antic de Nantes.
L’étude de certaines pièces est actuellement menée à l’Université de Rennes.
 

tranchant de hache à aileron
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

lingot de cuivre en forme de calotte
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

tampon décoré d’un gros bracelet en bronze ?
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

gouge à douille
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

anneau de harnachement en bronze ?
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

pointe de lance à douille
Sainte-Marguerite, Pornichet (44)
Collection Ch. MERCIER

 


Le vivarium
Dès 1955 des cages de terrarium sont installées sur le pallier du premier étage. Ce premier vivarium est ensuite transféré en 1970 dans le hall d'entrée côté square, avant son installation définitive dans les locaux actuels en 1976. Rénové en 1984, il est inauguré en janvier 1985. A cette époque, serpents, lézards et crocodiles mais aussi, insectes et mammifères cohabitent. Certains spécimens rejoignent les collections naturalisées après leur mort.
En 2003, le vivarium se spécialise en se consacrant uniquement aux serpents. Il présente au public une vingtaine d'espèces, venimeuses ou non venimeuses, régionales ou du monde entier.


 Documents d’archives sur le Centre régional de baguage.

En 1954, Jacqueline Baudoin-Bodin alors conservateur du Muséum, crée un Centre régional de baguage, sous l’autorité de Monsieur Etchécopar alors directeur du Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux au Muséum National d’Histoire Naturelle.
Ce centre régional, ainsi que tant d’autres en France créés à la même époque, avait comme objectifs de promouvoir l’étude de la migration des oiseaux par la pose d’une bague numérotée et de centraliser les informations et les données scientifiques au niveau régional. Outre la centralisation des données, l’activité de baguage du Muséum de Nantes s’est prolongée sur le terrain par des missions spécifiques, à l’île Dumet notamment.
De cette activité nous sont parvenus une somme importante d’informations sur les mouvements migratoires des oiseaux de la région, qui ont notamment été utilisés par les ornithologues nantais dans plusieurs publications scientifiques.  


Le catalogue de la collection régionale d’ornithologie

Après la création par Louis Bureau de la salle de zoologie régionale en 1891, les collections n’ont cessé de s’accroitre notamment par les captures des membres de la Société des Sciences Naturelles de l’Ouest de la France. C’est en 1933 qu’Ernest Marchand, est succédé comme conservateur du Muséum, par Joseph Kowalski. L’ancien et le nouveau conservateur commencent un long et fastidieux travail d’inventaire et de révision de cette collection. Ce catalogue ainsi commencé, ne sera achevé  qu’en 1937.

En plus d’un inventaire, le catalogue contient de nombreuses annotations sur le statut des oiseux dans la région ou bien encore leur biologie ou leurs mouvements migratoires. Plus qu’un simple catalogue, ce travail préfigure déjà ce que seront, plus tard, les atlas ornithologiques régionaux. 

 

 

 La bibliothèque des jeunes

En 1974, est créée une « Bibliothèque des jeunes » au muséum. C’est la première du genre en France à offrir aux enfants de 6 à 12 ans des livres sur les sciences et la nature.
De plus en plus de jeunes fréquentent le lieu et des animations leur sont proposées le mercredi et le samedi après-midi. Elles sont basées sur l’exploitation des collections du musée et l’utilisation du support livresque. « Tout est mis en œuvre pour que les jeunes puissent trouver…un grand choix de livres et la possibilité de participer à des séances d’initiation aux sciences naturelles »Mme Baudouin, octobre 1974.
A la même période, une réforme pédagogique permet une ouverture de l’enseignement sur des sorties et des visites. Les scolaires peuvent alors bénéficier de ces animations. Le nombre s’accroit avec les années notamment grâce à la Liaison Ecole-musée, association qui prend en charge la diffusion des activités du muséum auprès des écoles. Deux animations marquent l’évolution de la Bibliothèque des Jeunes : en 1983, « Observation de l’animal vivant » et en 1985, « Mini étude d’impact d’une rivière : l Erdre.
C’est ainsi qu’en 1988,  la bibliothèque des jeunes est restructurée et transformée en « Espace Science Nature » : centre de documentation et d’animations scientifiques
En 2000, les deux pôles animation et documentation sont dissociés avec la création d’une nouvelle salle d’animation et le lieu est rebaptisé « Centre de Documentation jeunesse ».