

Directeur
du Jardin des Plantes de la ville de Nantes de 1899 à sa mort, Paul-Emile
Citerne s'est d’abord intéressé à la botanique
qu'il a pu étudier comme préparateur au Muséum National
d’Histoire Naturelle de Paris, dans le service d'Edouard Bureau, après
avoir soutenu une thèse de doctorat de médecine en 1884. C'est
au MNHN qu'il trouve les matériaux pour sa thèse "Besberidées
et Erythrospermées".
Membre de la SSNOF et président de cette société, il
est l'auteur de plusieurs publications et communications en botanique.
L'étude des batraciens et des oiseaux occupait une grande partie de son temps libre. Il aimait à parcourir, en compagnie d'un de ses collègues, les bords de Loire ou bien la vallée de la Chézine. Paul-Emile Citerne a réuni une collection d'entomologie régionale importante, mais malheureusement inexploitable tant les informations de dates et de lieux font défaut. Ses récoltes ne semblent pas avoir jamais fait l'objet de la rigueur scientifique des frères Piel de Churcheville ou d'autres collectionneurs.
Ses boîtes, reclassées par les frères Piel de Churcheville serviront donc logiquement de base à la réalisation de la salle régionale, pensée dès 1874 sous la direction d'Edouard Dufour et inaugurée en 1892 sous la direction de Louis Bureau. La plus grande partie de cette collection est donc exposée de manière permanente dans des vitrines pupitres présentant la faune entomologique de la région.
Entomologiste au Muséum de Nantes, Claude Dutreix plus spécialisé dans l'étude des Zygènes (Lépidoptères, Zygenidae), a réuni une petite collection d'Odonates de la région, notamment de Grande Brière. Cette collection comprend 12 espèces réunies dans deux boîtes. Il est également l'auteur de plusieurs publications, sur les Odonates de la vallée de l'Erdre et sur les collections du Muséum (Zygaena).
Les exemplaires de cette collection ont été traités à l'acétone, non étalés et fixés avec des épingles soit sur le côté, soit verticalement comme c'est l'usage aux Etats-Unis *.
Claude Dutreix a procédé à une première révision des collections en 1987. Des étiquettes manuscrites ont été placées sur les étiquettes anciennes et les identifications ont été vérifiées à l'aide du guide des libellules d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient (d'Aguilar, Dommanget, 1985). Cependant, de nombreuses erreurs ont subsisté tant au point de vue de la synonymie que de la systématique.
Camille Borré a réuni une importante collection entomologique de Vendée concernant principalement les Lépidoptères (Rhopalocères et Hétérocères) ainsi que divers ordres. Les Odonates sont très peu représentés dans cette collection, et particulièrement abîmés (la collection a passé un certain temps au sol dans la cour de son propriétaire) et certains exemplaires sont moisis.
Les spécimens n'ont subi aucun traitement avant leur mise en collection.
On peut trouver également quelques Odonates, en assez mauvais état, et sans informations relatives à la date et au lieu de capture dans deux collections :
Frère
de Louis Bureau (conservateur du muséum de Nantes), Edouard Bureau
fut botaniste et professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle
de Paris. Ses collections concernent surtout les Lépidoptères
et la botanique.
Trois Zygoptères non encore déterminés provenant de l'île
Maurice et faisant partie d'un lot envoyé par Mr Alfred le Juge, ou
bien achetés "chez un vieil Allemand du nom de Becker"
résument les activités odonatologiques de ce collectionneur.
Né
à Nantes et décédé en Argentine où il a
exercé sa profession de médecin, François Deletang n'est
pas naturaliste ; c'est poussé par l'abbé Jules Dominique qu'il
récolte, lorsque les charges de sa profession le lui permettent, des
insectes pour le compte de ce dernier (la collection Deletang, qui compte
trois boîtes, est certainement plus volumineuse, mais dispersée
principalement dans les boîtes de la collection Dominique).
Ces exemplaires provenant du Parana en Argentine et probablement de Villaguay
(lieu de sa résidence), sont à réviser.

C'est à ces deux naturalistes que l'on doit le premier travail faunistique sur les Odonates de la Loire-Atlantique. Leur "Matériaux pour servir à la faune des Nevroptères ou Libellulidées de la Loire Inférieure" fait état de la présence de 49 espèces (Meurgey, 2001) récoltées principalement autour de Nantes ; marais de Goulaine, Couëron, Chapelle-sur-Erdre, Sucé-sur-Erdre mais aussi des marais de Grand Lieu ainsi que des dunes et des polders de Bourgneuf-en-Retz, entre 1889 et 1895. Cette publication jette ainsi les bases de futurs atlas départementaux (Meurgey et al., 2000) qui mettront à profit les données tant faunistiques qu'écologiques relevées par les deux auteurs.
Leur
collection est enrichie de dons de René Martin (1846–1925), avocat
au Blanc (Indre), membre de la Société des Sciences Naturelles
de l'Ouest de la France et célèbre odonatologue.
Celui-ci écrira (dans le même numéro du bulletin de la
SSNOF) "Sur la faune des Odonates de la Loire-Inférieure"
article dans lequel il reprend la liste des espèces donnée par
les frères Piel de Churcheville et suggère quelques réflexions
sur la distribution géographique des Odonates en France. Ses réflexions
l'amènent à entrevoir la possibilité que "la
faune de la Loire-Inférieure établie sur 48 espèces s’augmentera
sûrement de 4 espèces, et peut-être de 7 ou 8 autres, et
plusieurs espèces considérées aujourd’hui comme
rares y seront plus tard décrites comme assez communes".
En effet, sur
les huit espèces dont René Martin prévoit qu'elles seront
découvertes en Loire-Atlantique, six l'ont été…un
peu moins d'un siècle plus tard.
Intéressés
également par la botanique et par l'herpétologie, l'entomologie
reste leur discipline principale. Ils classent les collections régionales
de Coléoptères du Muséum de Nantes d'après le
catalogue Reiter, cette collection composée d'ailleurs de leurs propres
dons, ainsi que de ceux de P.E. Citerne et E. Bureau. Ils collaborent ensuite
à l'oeuvre de l'abbé Jules Dominique qui établit les
catalogues des Hémiptères et des Orthoptères de Loire-Atlantique.
Par la pression de prospection qu'ils ont exercée dans le département,
et par le nombre d'espèces récoltées, les frères
Piel de Churcheville figurent en très bonne place sur le podium de
l'inventaire régional.
Leur collection fut immédiatement mise "en magasin" faute
de place dans les collections permanentes. Aujourd'hui, conservée en
réserve, elle n'est pas visitable.
Les exemplaires de cette collection ont été vidés, même
les Zygoptères, puis, l'intérieur a été comblé
par de la bourre (Anisoptères) ou bien par une tige de graminée
(Zygoptères et certains Anisoptères).


Georges Broquet, passionné d'entomologie dès son plus jeune âge commence à observer les insectes autour de chez lui, à St-Nazaire, dans les terrains vagues à la recherche de papillons. En 1933, aidé par le Grand Larousse illustré de son instituteur, il cherche à donner un nom à ses captures. Reçu en 1940 à l'Ecole Normale, aussitôt fermée par le gouvernement de Vichy, il est envoyé en seconde au Lycée Clémenceau et fréquente assidûment le Muséum de Nantes. En 1943, le conservateur Mr Durivault l'autorise à consulter les collections mises en réserve : "J'ai appris bien des choses dans les boîtes de l'Abbé Dominique, du Dr Bureau, Samuel Bonjour et toutes les autres".
Jeune instituteur en 1947, Georges Broquet entre à la SSNOF et tisse progressivement des liens d'amitié avec certains de ses membres : MM Charles Morault, Henri Donnot, Coupat et Jacqueline Baudouin-Bodin, conservateur du Muséum de Nantes. Mr Charles Morault reconstituait alors sa collection de Lépidoptères, gravement endommagée par les bombardements : "Je lui ai fourni quelques espèces et lui, en échange, m'a généreusement donné des espèces de montagne qu'il allait prendre, chaque année en juillet, en compagnie de son ami Chéneau".
C'est en 1952 que Georges Broquet publie son travail sur les Orthoptères de la région (remise à jour du catalogue de l'Abbé Dominique). Il y inclut quelques espèces nouvelles et précise la répartition des espèces déjà connues. Nommé en 1955 à Trignac, de nombreuses étiquettes de sa collection portent le nom de cette localité. Il achète une voiture en 1960, ce qui lui permet d'étendre considérablement son rayon d'action. À la même époque, ses vacances l'entraînent dans d'autres départements : les Vosges, l'Isère, le Briançonnais, les Alpes-Maritimes. Mais il a déjà jeté son dévolu sur la Corse qu'il fréquente depuis 1962.
Au moment de s'installer à Nice en 1977, Georges Broquet fait don au Muséum de Nantes de ses collections d'Hyménoptères, Orthoptères, Odonates et Névroptères dont il souhaite se séparer pour se consacrer uniquement à l'étude des Coléoptères et Lépidoptères. C'est dans les Alpes-Maritimes qu'il fait la connaissance de Francis Dujardin, grand spécialiste des Zygènes, qu'il fréquentera jusqu'en 1984.
La collection de Coléoptères a été donnée au Muséum de Nantes en 1992 et 1994.
Les exemplaires d'Odonates de cette collection sont préparés sans acétone et juste séchés. Les plus gros Anisoptères ont été vidés et l'ouverture non comblée ou comblée avec du coton. Les couleurs sont cependant relativement bien conservées.
D'autres Odonates font partie de la collection de Georges Broquet et ont été données au Muséum en 2002 avec l'ensemble de la collection entomologique. Cette partie de la collection, en cours d'inventaire, contient 15 spécimens d'Odonates en provenance de Guadeloupe, d'Afrique, d'Amérique du Sud (Guyane française) et d'Asie.