page d'accueil
moteur de recherche
plan du site

contacts
Accueil

15 Août 1810

200 ans d'histoire

Programme
des festivités

La vitrine mécanique

Les agents du Muséum

La vitrine mécanique
À l’occasion de la célébration du bicentenaire du muséum (1810-2010), il est décidé la mise en place d’une vitrine en salle de minéralogie. Installée au milieu de la Galerie des sciences de la Terre, elle retrace chronologiquement l’histoire du muséum à travers ses collections et ses conservateurs.
Cinq périodes d’exposition sont prévues dans l’année ; de janvier à février, de mars à avril, de mai à août, de septembre à octobre et de novembre à décembre au cours desquelles les objets seront renouvelés dans la vitrine pour illustrer respectivement ces périodes.

 

Du cabinet de curiosités au Muséum (1810 - 1836)

Le muséum de Nantes est créé à partir des collections de plusieurs amateurs éclairés, dans le but de développer l’enseignement des sciences à Nantes et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Dès 1806, les collections deviennent propriété de la municipalité nantaise, qui décide alors de les conserver dans l’ancienne école de chirurgie située sur les quais de l’Erdre aujourd’hui disparus, à l’emplacement de l’actuelle école Léon Blum.
Le bâtiment, datant de 1765 nécessitera quatre années de restauration avant d’être inauguré le 15 août 1810 comme premier muséum d’histoire naturelle de Nantes. Situé entre une cour et un jardin, il se déploie autour d’une salle octogonale surmontée d’une coupole, de deux salles latérales et d’un vestibule.

François René André Dubuisson, initiateur de ce projet et soutenu par l’élite scientifique est nommé premier conservateur du muséum et le restera jusqu’à sa mort en 1836. Minéralogiste de formation, il va donc privilégier les collections de roches et de minéraux qui lui permettent d’établir la première carte géologique du département. La zoologie n’est pas en reste « Les quadrupèdes sont au nombre d’environ cinquante ; les oiseaux, de quatre à cinq cents, et les coquilles, tant marines que fluviatiles et terrestres, de près de deux mille » (extrait d’un rapport de la commission de la Société des Sciences et Arts).
Cette momie rapportée de Thèbes fut donnée en 1819 par Le Nantais Frédéric Cailliaud (1787-1869), pionnier de l’égyptologie. Des deux voyages qu’il effectue en Égypte entre 1815 et 1822, il rapporte une importante collection d’antiquités aujourd’hui dispersée dans de nombreux musées. Le muséum de Nantes possède en plus de cette momie, un couvercle de sarcophage ainsi que le sceptre du roi d’Argo rapporté du Soudan.

Coraux et éponges sont déjà bien représentés dans les collections initiales du muséum.

Ces organismes, considérés jusqu’au 18ème siècle comme des « animaux-plantes » ou « zoophytes», ne sont classés dans le règne animal qu’au début du 19ème siècle comme le rappelle Dubuisson lors de son discours d’inauguration du muséum « Dans cette classe, on trouve le phénomène de la génération des polypes, par bouturage semblable à des végétaux. Avant les observations modernes, cette conformité d’organisation et de reproduction avait fait confondre ces animaux dans le règne végétal. On les a rendus avec raison au domaine du règne animal… ».

Les cornes de ce trophée sont celles d’un buffle sauvage, capturé lors d’une chasse par Paul Proust de la Gironière (1797-1864). Ce dernier, chirurgien navigant, aventurier installé à Manille aux Philippines, les confie à l’équipage de « La Théthis » qui fait escale à Manille lors de son voyage autour du monde entre 1824 et 1826.
Dubuisson, conservateur du muséum les récupère et fait réaliser en 1827 « un os frontal figuré en bois pour porter les cornes du Bufles (sic) de Manil (sic) donné par M. Proust ». Quant au naturaliste qui a exécuté ce trophée, on devine qu’il n’a jamais vu de buffle puisque les cornes sont montées à l’envers : droite à gauche et devant derrière !


La première grande collection d’oiseaux du muséum est vendue à la Ville de Nantes en 1833 par Simon Nazaire Portier, commissaire général de la Marine et président de la commission de surveillance du muséum. Parmi les 573 oiseaux constituant la collection, de nombreuses espèces ont été collectées lors de voyages d’explorations célèbres comme celui de « L’Uranie ».

Rédigé par François-René Dubuisson et imprimé à Nantes, ce catalogue répertorie les différents objets de collection présentés dans son cabinet d’histoire naturelle.
Tel que précisé sur la page de titre, ce cabinet contenait une collection de minéralogie, quadrupèdes, mammifères et ovipares, ornithologie (1), conchyliologie (2), crustacées, oursins, polypiers marins, ichtyologie (3), entomologie (4) et divers ouvrages de l’art.
Les lettres et les chiffres, en marge de chaque article, sont ceux que portent les différentes pièces du cabinet, pour en faciliter la recherche et l’observation.
(1) oiseaux
(2) coquilles
(3) poissons
(4) insectes


Sur ces cartes géognostiques à l’échelle1/345 000 ème, sont tracées les grandes voies de circulation (routes royales et départementales) et les principaux cours d’eau. La position des localités est assez approximative. 19 zones sont identifiées correspondants à 19 terrains repérés de « A » à « T ».
Pour Dubuisson, le terrain primitif est formé de micaschiste alternant avec le gneiss et le granite avec des roches subordonnées.
Les cartes précisent les gisements métalliques, les sources d’eau minérale, les forges et signalent la présence d’argile et les fabriques de poterie.
Ces cartes sont l’illustration du catalogue de la collection minéralogique recueillie et classée par Dubuisson en 1830. Cette collection est riche d’environ 2 000 échantillons classés par commune.


Publié à partir de 1823, le lycée armoricain était consacré exclusivement à la philosophie, aux sciences physiques et naturelles, à la littérature et aux beaux arts.
Louis-François de Tollenare (1780-1853) participe à l’édition de cette revue par des articles réguliers. En 1824, il y publie des notes rassemblées lors d’un voyage en Suisse.
En visitant le muséum d’histoire naturelle de Genève, il déclare ne pas y trouver « en minéraux des Alpes des richesses comparables à celles que Monsieur Dubuisson a réunies à Nantes en minéraux de Loire-Inférieure ». Il se dit en revanche agréablement surpris par la collection de quadrupèdes et d’oiseaux de Genève.


Membre de la société académique à partir de 1820, Louis-François de Tollenare a fait don en 1824, au muséum de Nantes, d’un plan relief des Alpes.
Sans doute acheté lors de son voyage en Suisse en 1823, ce plan exécuté au début du 19 ème siècle, représente, selon une étiquette rédigée par Dubuisson, une partie des Alpes et du Jura (lac de Genève et ses environs) : « Il s’étend du revers méridional du Mont Blanc au lac de Joux et de la porte du Rhône aux hautes montagnes de Gruyère ».
Une lettre du 7 octobre 1824 de Dubuisson au maire Ferdinand Favre précise qu’ « il serait à propos que ce plan fut placé sur un socle et mis sous verre ».
Après être longtemps tombé dans l’oubli, le plan relief est restauré à l’atelier de Kerguehennec (56) en 1998. Sculpté dans un bloc de bois résineux, les couleurs sont appliquées sur une mince préparation blanche ; la polychromie a été en grande partie restaurée.

C’est la première fois qu’il est exposé au public.

En 1826, François-Louis Busseuil (1791-1836), chirurgien de marine, fait don au muséum de Nantes d’armes et d’animaux naturalisés recueillis au cours de son voyage autour du monde de 1824 à 1826 à bord de «  La Thétis » commandée par Hyacinthe de Bougainville. Le bouclier qui sert à parer le boomerang provient d’Australie. L’ornithorynque est récolté en Nouvelle Zélande, sa naturalisation probablement réalisée en France ne respecte pas la morphologie allongée de l’animal.

À l’initiative de la Municipalité, une commission avait été formée pour surveiller la conservation des collections et donner un avis sur les acquisitions, l’exposition et le placement des objets.
F.R.A. Dubuisson écrit une lettre à Ferdinand Favre, Maire de Nantes, dans laquelle il déplore qu’autant de pouvoirs soient confiés à cette commission et expose les raisons de ses désaccords. Alors malade, il supporte mal les recommandations de la commission de surveillance, en particulier les reproches concernant les oiseaux alors que cette collection lui aurait permis d’initier le Couëronnais Jean-Jacques Audubon : « [...] et c'est avec cette collection ainsi classée, dis-je encore, que Monsieur Audubon, célèbre ornithologiste, a été initié par moi à cette science qui fait aujourd'hui sa gloire… »

 

 


 
Coquilles quaternaires provenant du Gebel Zeyt, en bordure de la Mer Rouge.
Collection F. Cailliaud
 

Tous les mercredis à 11h45, rendez-vous autour de cette vitrine pour 15 minutes d'histoire de collections....