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Les insectes en ville ?... vivre avec !

Des espaces publiques plus verts et plus nombreux, des jardins sans pesticides, des politiques publiques en faveur de la Biodiversité; de plus en plus d'animaux et de plantes s'installent dans les espaces urbains et jusqu'au centre des grandes villes.

Voilà qui devrait nous réjouir !


Besoin de nature, peur de la nature?

Pourtant, les insectes ainsi favorisés dans nos villes n'ont jamais été aussi mal aimés et si détestés. C'est un paradoxe! Oui pour plus de nature, oui pour un cadre de vie plus attrayant, plus vert, mais….. NON aux insectes ! Ces animaux sont le plus souvent considérés comme des fléaux, des envahisseurs dont l'unique but est de nous piquer, nous mordre, nous transmettre des maladies ou consommer nos aliments. C'est évidemment bien mal les connaître.

Mais, au fait, que sont les insectes ?

Les insectes forment une classe de l'embranchement des Arthropodes (= à pattes articulées) et appartiennent au sous-embranchement des Héxapodes (qui posèdent six pattes). Ils sont caractérisés par un exosquelette composé de chitine, un corps segmenté en trois parties principales (tête, thorax et abdomen), trois paires de pattes articulées, des yeux composés et une paire d'antennes.

Ils sont d'une incroyable diversité et ont colonisé la plupart des milieux sur Terre à part les Océans. Avec près de 1,3 million d'espèces décrites, les insectes constituent la plus grande part de la biodiversité animale. On estime entre 6 et 10 millions les espèces existantes, ce qui représenterait plus de 90% des différentes formes de vie animale. Les insectes sont donc les organismes les plus nombreux sur la planète et par conséquent ceux dont le rôle dans le fonctionnement des écosystèmes est primordial.


Classification des insectes

(clic sur l'image pour l'agrandir)

 

A quoi peuvent-ils bien servir ?

C'est très souvent la première question que l'on nous pose. La notion de «servir» ou «d'être utile» ou non ne correspond à aucune réalité scientifique, mais à notre référentiel et à l'image que nous nous donnons des espèces animales. Ainsi les insectes sont caractérisés par les services qu'ils nous rendent ou les inconvénients qu'ils nous causent; l'abeille est utile puisqu'elle produit du miel, mais la Guêpe ne sert à rien et ne fait que nous piquer…

Ce n'est pas en terme d'utilité qu'il faut aborder les insectes, mais plutôt en terme de rôle dans le fonctionnement des écosystèmes. La Mouche que l'on chasse est bien souvent celle qui contribue à faire disparaître les excréments et les cadavres d'animaux qui, sinon, recouvriraient le sol et ferait se développer des maladies.

Les insectes qui creusent le bois permettent à l'arbre de mourir, ce qui permettra à d'autres insectes sapro-xylophages de dégrader cette matière organique pour permettre aux sols de se reconstituer et de voir se développer de nouveaux arbres. Les inombrables moustiques constituent une importante source de nourriture pour les Hirondelles et les Martinets dont nous nous désolons tous de voir disparaître les populations en ville.

De manière résumée, les insectes peuvent être prédateurs, proies, mais également nécrophages en débarrassant les cadavres; coprophages (qui consomment et font dispaître les excréments); xylophages (qui consomment le bois).. tous contribuent à ce que les milieux et les espèces qui les abritent puissent intéragir.

Sans les insectes, les oiseaux insectivores ne se nourriraient plus, les plantes seraient moins bien pollinisées, nos rues et nos campagnes seraient recouvertes de cadavres et d'excréments, les plantes pousseraient tellement que les graines ne germeraient plus à leur pied….

 

Crénom de nom, d'accord, mais le moustique...???

C'est aussi la question que l'on nous pose souvent...et à laquelle la réponse n'est jamais vraiment satisfaisante pour l'auditeur. Les Moustiques, comme les autres insectes Hématophages, se nourrissent du sang d'autres animaux, souvent des vertébrés. Ces prélèvements de sang, qui servent à la maturation des œufs du moustique sont chez certaines espèces l'occasion de transmettre virus et bactéries.
Et oui, c'est un rôle dans le fonctionnement écologique ! Ces insectes contribuent donc à réguler les populations animales, dont nous faisons partie, par la transmission de maladies et permettent à des virus et des bactéries de survivre et de perpétuer leur espèce.

Les moustiques, par leur nombre et leur grande plasticité écologique, servent de nourriture à de nombreuses autres espèces animales: les oiseaux, les poissons, les grenouilles et de nombreuses espèces d'insectes.

 

Pourquoi y a-t-il des insectes en ville ?

En ville, comme partout, les insectes ont trouvé le moyen de se développer. Tout d'abord les insectes Hématophages trouvent une surabondance de nourriture: nous ! Nos inombrables déchêts et poubelles attirent également d'autres espèces qui sont dites détritivores. Même dans nos maisons, il est parfois difficile d'éviter qu'une minuscule miette de pain résiste à l'aspirateur; elle fera le bonheur d'un insecte.

Les abeilles, les Guêpes et les mouches sont attirées par les fleurs que nous plantons. Les nombreux excréments de chiens qui ne sont pas rammasés sont quand à eux une manne pour les mouches...

A cette fonction d’évacuation s’ajoute une fonction d’autorégulation. Les plus grands prédateurs d’insectes, ce sont les autres insectes. Le souci, c’est que quand la diversité d’espèces s’amenuise, certains en profitent. Les insectes généralistes, les moins exigeants sur leur environnement, profitent d’une chaîne alimentaire en pointillés.

C’est le cas de certaines espèces qu’on estime nuisibles, telles que les blattes ou les moustiques. Pour ces derniers, un petit point d’eau, comme un cache-pot ou un pneu, suffit à leur prolifération. Ils peuvent ensuite s'envoler sans crainte, puisque les libellules, qui en font habituellement leur festin, sont réfractaires à la vie citadine.

Ceci signifie que la diversité des écosystèmes est indispensable à un fonctionnement complet de l'environnement. Mais en ville, ce réseau est morcelé et souvent incomplet et favorise les espèces les plus ubiquistes. Voilà pourquoi nous avons souvent l'impression que les seuls insectes en ville sont ceux qui nous veulent du mal !

La riche biodiversité des villes accompagne les mesures prises en faveur de notre cadre de vie. La mauvaise réputation des insectes est surtout liée à notre sentiment d'être coupés de la nature lorsque nous habitons en ville. Nous les y remarquons plus qu'ailleurs parce que nous ne nous attendons pas à les voir dans ces endroits.

Mais, en les connaissant, en apprenant leur mode de vie, nous pouvons éviter les infestations, et savoir comment les éviter. La solution ne réside pas dans leur extermination au prétexte que nous ne les souhaitons pas dans nos villes.

 

Quelques-uns des insectes les plus fréquents dans nos villes

Les Moustiques

Les moustiques sont des Diptères, comme les mouches. Ils sont caractérisés par des antennes longues et fines à multiples articles, des ailes écailleuses, et les femelles possédent de longues pièces buccales en forme de trompe rigide de type piqueur-suceur. Actuellement, on connaît 3546 espèces de moustiques réparties en 111 genres dans le Monde. Ceux qui piquent l'homme sont cependant nettement moins nombreux.

Les moustiques ont un rôle dans les écosystèmes mais avant tout en épidémiologie humaine et animale. Ils représentent le plus important groupe de vecteurs d’agents pathogènes transmissibles à l’être humain, dont des zoonoses. Ils sont vecteurs de trois groupes d'agents pathogènes pour l'être humain (Plasmodium, filaires ainsi que de nombreux arbovirus).
Ils sont présents sur l'ensemble de la planète (à l'exception de l'Antarctique), dès lors qu'une surface d'eau douce ou saumâtre, même réduite ou temporaire, est disponible. Soixante-cinq espèces sont connues en France métropolitaine. Bien que source de nuisance et d'affections pathologiques, les moustiques font partie de la diversité fonctionnelle des zones humides dans lesquelles ils ont une grande importance dans le cucle du carbone et de l'azote. Ils représentent également une importante source de nourriture pour de nombreuses autres espèces animales.

Attention ! Tout ce qui vole n'est pas un moustique ! On confond souvent les moustiques avec d'autres diptères qui leur ressemblent. Les Chironomes possèdent des antennes plumeuses et n'ont pas de trompe. Les Tipules sont généralement assez gros et possèdent de très longues pattes. Ils ne possèdent pas de trompe. Ces deux diptères ne piquent pas.

> Établissement Interdépartemental pour la Démoustication du littoral Atlantique
> Ministère de la santé

 

Les abeilles sauvages

L'abeille domestique n'est pas le seule espèce d'abeille dans le Monde ! Il en existe en réalité environ 20000 espèces, dont près de 2000 vivent en France. Ces abeilles sont dites «sauvages» par opposition à l'abeille domestique, et «solitaire» car elles ne constituent pas de colonies.

Ces abeilles sont d'une incroyable diversité, aussi diverses que le sont les plantes qu'elles butinent. En effet, les abeille sauvages sont des specialistes de la flore sauvage et locale, tandis que l'abeille domestique est une spécialiste des plantes cultivées. Ainsi, la richesse floristique est étroitement liée à la richesse en abeilles sauvages. Comme l'abeille domestique, les abeilles sauvages sont menacées par les pescticides et les pollutions. En vielle, elles trouvent au contraire des milieux fleuris, sans pesticides et l'on pourrait presque dire su'elles y ont trouvé refuge.

A Nantes, on dénombre environ une quarantaine d'espèces différentes, qui exploitent les lieux fleuris et laissés plus ou moins naturels.

> Baludik vous emmène en balade